2026, une année décisive pour l'Andra
Enquête publique sur Cigéo, différents travaux dans l'Aube, projet de nouveau centre de stockage... L'Andra mène plusieurs chantiers de front en 2026. Le décryptage de Patrice Torres, directeur de la direction industrielle et du Grand Est de l'Agence.
Pour commencer, un mot sur les résultats du sondage d'opinion mené à l'automne dernier sur la perception de l'Andra.
Ce sondage montre un très bon niveau de confiance des riverains envers l'Andra. Cela tient, à mon sens, à notre capacité à informer, à expliquer, à démontrer l'utilité comme la sécurité de nos activités. Nos sites sont également ouverts pour les visites et nous multiplions les rencontres locales. Au fil du temps, nous avons noué une relation de transparence avec les habitants et leurs élus. J'en profite pour féliciter les nouveaux élus et pour remercier ceux avec lesquels nous travaillons en confiance depuis plusieurs décennies. Ce sont des relais essentiels, comme les Cli, Clis et CSS1, pour faire vivre cette transparence et cette confiance sur le territoire.
L'enquête publique sur Cigéo commencera le 18 mai 2026. A quel stade du projet cette étape intervient-elle ?
Elle fait suite à la demande d'autorisation de création déposée par l'Andra en 2023 et à l'avis publié en décembre 2025 par l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Cette dernière a estimé que la démonstration de sûreté de Cigéo avait atteint un niveau de maturité d'ensemble satisfaisant au stade d'une demande d'autorisation de création. L'enquête publique doit à présent permettre à tous les citoyens de s'informer et de poser des questions sur Cigéo, avant que l'Etat décide éventuellement d'autoriser la création de Cigéo. En parallèle, les travaux préparatoires engagés à l'automne 2025 se poursuivent. Ils visent à mener des opérations géotechniques, environnementales ou archéologiques, notamment sur les zones d'implantation du projet, afin d'enrichir la connaissance du territoire.
En parlant de travaux, plusieurs chantiers sont en cours au centre de stockage de l'Aube (CSA). De quoi s'agit-il ?
Depuis l'ouverture du CSA en 1992, nous construisons régulièrement de nouvelles tranches d'ouvrages pour anticiper la prise en charge des déchets radioactifs de faible et moyenne activité principalement à vie courte (FMA-VC). Nous préparons actuellement la tranche 11.
Par ailleurs, l'évolution récente de la réglementation nous impose de renforcer la sécurisation des espaces où peuvent transiter des matières nucléaires. Nous allons donc créer, dans un périmètre déjà sécurisé, une zone encore plus protégée avec plusieurs dispositifs de protection et de contrôle d'accès.
Enfin, nous déposerons cet été le dossier de réexamen de sûreté du CSA, qui doit être renouvelé tous les dix ans.
Il est également question d'un nouveau centre de stockage dans l'Aube. Qu'en est-il ?
Aujourd'hui, les déchets faible activité à vie longue (FA-VL) n'ont pas de solution de stockage pérenne et sont entreposés sur les sites des producteurs. A la demande de l'Etat, l'Andra étudie donc plusieurs pistes. Parmi celles-ci figure le stockage à faible profondeur d'une partie de ces déchets sur la communauté de communes de Vendeuvre-Soulaines. Nous avons remis à l'ASNR, en 2024, un dossier d'options techniques et de sûreté sur cette option, aujourd'hui en cours d'instruction.
Par ailleurs, même si Acaci nous permet d'allonger d'une quinzaine d'années la durée d'exploitation du Centre industriel de regroupement, d'entreposage et de stockage (Cires) pour le stockage des déchets de très faible activité (TFA), il faut anticiper la fermeture de ce site à l'horizon 2040-2050. Plusieurs solutions sont possibles dont celles d'étendre le Cires et/ou de stocker les déchets de très faible activité dans ou à proximité de l'éventuel nouveau centre évoqué plus haut.
N'oublions pas la Manche, où le premier centre de stockage de déchets radioactifs est aujourd'hui en phase de fermeture. Quel est le rôle de l'Andra pendant cette période ?
Le Centre de stockage de la Manche (CSM) n'accueille plus de déchets radioactifs depuis 1994. Les ouvrages de stockage ont été mis à l'abri des agressions extérieures grâce à une couverture formant une barrière étanche au-dessus de toute la zone de stockage. Nous entretenons et nous surveillons cette couverture, qui est essentielle à la sécurité du site. Nous allons d'ailleurs renforcer les dispositifs d'étanchéité sur les parties basses, ce qui nécessitera probablement une dizaine d'années de travaux.
Enfin, comme sur tous nos centres, nous mettons en œuvre un programme de surveillance sur et autour du Centre de stockage de la Manche.
1 Les Commissions locales d'information du Centre de stockage de la Manche (CSM) et du Centre de stockage de l'Aube (CSA), le Comité local d'information et de suivi du Centre de Meuse/Haute-Marne (CMHM) et la Commission de suivi de site du Centre industriel de regroupement, d'entreposage et de stockage (Cires) sont des instances indépendantes qui ont pour rôle de suivre, informer et concerter sur les activités des centres de l'Andra.
Acaci suit son cours
Les travaux d'Acaci (Augmentation de la capacité de stockage autorisée du Cires) continuent comme prévu pour préparer la zone dite tranche 3. Actuellement, les terres qui y étaient entreposées sont déplacées sur une zone récemment déboisée, défrichée et terrassée. La préparation de la plateforme de stockage devrait démarrer courant 2027. Un respect du calendrier qui permettra d'assurer la continuité de prise en charge des déchets.
Vers une prolongation d'activité pour le laboratoire souterrain ?
Depuis 25 ans, le laboratoire souterrain de l'Andra en Meuse/Haute-Marne contribue à démontrer la faisabilité du projet Cigéo. Situé à Bure, à environ 500 mètres de profondeur, il emploie près de 200 salariés Andra. Son autorisation d'exploitation court jusqu'en 2030 et l'Andra prépare une demande de prolongation jusqu'en 2050 afin de poursuivre ses travaux de recherche scientifique et technique.