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David Séverin, la curiosité comme boussole

Avant de rejoindre l’Andra en tant qu’ingénieur sécurité radioprotection, David Séverin a servi vingt-quatre ans dans la Marine et a fait le tour du monde sur le portehélicoptères Jeanne d’Arc. Un parcours guidé par la soif de découvertes.

 

« La curiosité et le désir de ne jamais m’ennuyer dans ma vie professionnelle ont guidé mes pas », résume David Séverin, ingénieur au Centre de stockage de la Manche depuis septembre 2025. À 23 ans, il rejoint l’école des sous-officiers de la Marine à Brest pour voyager et découvrir de nouveaux horizons. À bord d’un aviso1, il découvre la vie des marins, l’entraide, la solidarité… et le mal de mer ! Un mal incurable. D’autres, moins déterminés, auraient démissionné. Pas lui. L’amour de la Marine est plus fort. Son plus beau souvenir de cette époque reste le tour du monde réalisé sur le Jeanne d’Arc, mythique porte-hélicoptères de la Marine nationale. Après une telle expérience, tout aurait pu sembler fade. Mais David se donne très vite un nouveau cap. Les sous-marins nucléaires le fascinent et il décide de se former à la radioprotection. Un chemin qui le conduit à s’amarrer à Cherbourg puis,en 2025, à l’Andra, au Centre de stockage de la Manche.

1 Navire escorteur des sous-marins

 

 

Assurer la sécurité de chaque visiteur

À l’Andra, il assure la sécurité et la radioprotection du site, premier centre français de stockage de déchets radioactifs. « Depuis 1994, le centre n’accueille plus de nouveaux déchets radioactifs, donc le site est en quelque sorte en surveillance, résume David. Le principal risque de contamination est le radon, un gaz radioactif naturellement présent dans les sols et produit par la décroissance de certains éléments radioactifs contenus dans les déchets. Ma mission principale est d’assurer la protection de mes collègues de l’Andra et des intervenants en charge de la surveillance du site et de l’entretien des installations, notamment dans les galeries souterraines situées sous les ouvrages de stockage. » Au-delà des règles de prévention classiques, il s’assure que les intervenants sont formés et habilités à opérer en « zone délimitée », c’est-à-dire dans des locaux susceptibles de présenter un risque d’exposition, il les dote d’équipements de protection (blouse ou combinaison en coton, chaussures de sécurité, gants et casque) et de dosimètres, et fait vérifier l’absence de contamination corporelle en sortie de la zone.

Solidaires comme un équipage

Pour écarter tout risque d’exposition au radon, les galeries sont ventilées avant toute pénétration. Enfin, le taux de radon est mesuré dans chaque portion de la galerie et le PC de sécurité donne le feu vert pour ouvrir chaque porte d’accès à la galerie. David Séverin ne regrette en rien sa vie de sous-officier. « Au CSM, le cadre est extraordinaire, la mer à portée de la main, et je retrouve l’esprit d’un équipage : nous sommes une petite équipe solidaire d’une dizaine de personnes, au sein d’une grande organisation qui porte une responsabilité majeure et une expertise unique. »