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Le Centre de stockage de la Manche, un cas d’école à l’international

La rencontre annuelle de Disponet (International Low Level Waste Disposal Network) réseau international d'agences en charge de la gestion des déchets radioactifs crée sous l’égide de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s’est tenu à Cherbourg du 14 au 18 octobre 2019. L’Andra y a apporté son expertise en matière de fermeture d’un centre de stockage. 

Visite du Centre de stockage de la Manche par les participants à Disponet

Dans le monde, les centres de stockage de déchets radioactifs en phase de fermeture comme celui de la Manche sont rares. « Le CSM, qui a cessé son activité en 1994, est même sans doute unique en son genre, indique Nicolas Solente, correspondant pour Disponet, chargé d’affaires à l’Andra. Les centres actuels sont plutôt encore au stade de la conception. » Ce qui fait de l'Andra l'une des rares agences à disposer de l'expertise en matière de fermeture. 

Alors que le CSM fête ses 50 ans, l’Andra co-organisait cette année le colloque du réseau Disponet, conformément à sa mission de diffusion de son savoir-faire à l’international. Au programme de cette nouvelle édition : la planification et la mise en œuvre de la fermeture d’un site de stockage. Avec 38 participants, 29 pays représentés - pour la plupart d'Europe de l'Est et du Sud, du Moyen-Orient et d'Afrique -, « cette édition est un beau succès », rapporte Nicolas Solente.

Mise en situation

Pour répondre à une « demande croissante d'assistance des États membres » en matière de stockage de déchets radioactifs, l’AIEA met en relation les « nouveaux » dans ce domaine et les plus « expérimentés » comme la France, afin que les premiers profitent du savoir-faire des seconds. Ce partage passe par des formations, des forums d’experts... ainsi que Disponet, colloque annuel dont les thématiques ont jusqu'ici suivi les étapes de la vie d’un centre de stockage. Les premières éditions s'étaient ainsi préoccupées de conception et d’exploitation.

Ces quatre journées ont permis aux représentants de pays en besoin d'expertise de se projeter dans la mise en fermeture d'un centre. Constitués en groupes de travail, ils ont bénéficié d'ateliers de mise en situation. « Grâce à la visite du CSM, les participants ont pu observer à quoi ressemble l'"après" d'une activité de stockage de déchets », relate le correspondant Disponet de l'Andra, qui rappelle par ailleurs l'importance de "l'aspect humain" de ces rencontres. 

 

Interview de Gerald Hans Nieder-Westermann

Spécialiste du traitement des déchets radioactifs au département de l’énergie nucléaire à l‘AIEA, co-organisateur du colloque Disponet 

C'est la deuxième fois que le colloque se déroule à Cherbourg et au Centre de stockage de la Manche (10 ans après le premier événement). Pourquoi ?

Le CSM est l’une des rares installations à avoir fait des progrès significatifs en matière de fermeture. Or, depuis la première réunion Disponet de 2009 à Cherbourg, les besoins dans ce domaine se sont accrus. Un certain nombre d'États membres de l’AIEA comme la Bulgarie et l'Iran ont commencé la construction de centres de stockage. 

D’autres préparent des autorisations de création (Belgique, Roumanie, Slovénie, Irak, Pakistan, entre autres). En outre, un grand nombre d'installations sont en phase d’exploitation active (Afrique du Sud, Chine, États-Unis, France, Inde, Japon, Fédération de Russie, Royaume-Uni, Suède, entre autres) et plusieurs projettent des centrales nucléaires. En outre, en raison des délais en jeu (plusieurs centaines d'années), bon nombre des questions soulevées lors des échanges sont des questions que tous les États Membres devront prendre en compte, quel que soit leur état d'avancement actuel. 

Ce dialogue entre les participants de trente États membres me semble fondamental dans la recherche collective des solutions les plus efficaces en matière de stockage des déchets radioactifs. Même si tous ne peuvent pas être présents, les questions discutées et examinées lors des journées Disponet sont mises à la disposition de tous les États membres intéressés.

La fermeture, une phase de surveillance...

Ouvert en 1969, exploité jusqu’en 1994, le Centre de stockage de la Manche (CSM) est en phase de « fermeture » depuis 15 ans. L'Andra observe notamment le comportement de sa couverture multicouches qui préserve le stockage des intrusions humaines et de l'eau. Elle assure également une surveillance environnementale sur et autour du centre. Cette surveillance permet de garantir que l'impact du site demeure très faible.

... et de préparation de la mémoire

La phase de fermeture porte une autre responsabilité : la mémoire. Il s'agit non seulement de prévenir les générations futures de cette présence de déchets radioactifs, « mais aussi de leur transmettre des données pour leur permettre de les traiter, à l'aune d'éventuelles techniques nouvelles », explique Nicolas Solente. Cette connaissance doit être pérennisée sur plusieurs siècles. 

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