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Des QR codes pour sauvegarder les données des centres de stockage

Dans le cadre du programme « Mémoire pour les générations futures », l’Andra étudie notamment les moyens de transmettre les données numériques des centres de stockage de déchets radioactifs. Elle a ainsi testé le système Micr’Olonys, une solution qui permet d’encoder une base de données sous une forme similaire à des QR codes et de la restituer facilement dans le futur. Les résultats sont prometteurs et d’autres tests devraient suivre. 

Ce système développé par la société Eupalia, spécialisée dans l’archivage numérique pérenne, permet de copier des données numériques compressées sur un support physique plus pérenne, tel que le papier permanent, qui est capable de rester intact pendant au moins cinq siècles sans se dégrader. Micr’Olonys permet ainsi de relire ces données longtemps après leur archivage en s’affranchissant de l’obsolescence des équipements et logiciels informatiques. 

Le système est constitué de deux logiciels, l’un de transcription, l’autre de restitution. Le premier génère à partir des données des formes optiques appelées « emblèmes », sortes de dessins en noir et blanc qui ressemblent à des QR codes très denses et qui sont incompréhensibles à un œil humain. Le deuxième logiciel reconstitue les données à partir de ces emblèmes. 

Un document transcrit par Micr’Olonys prend la forme d’un ensemble de pages sur chacune desquelles est imprimé un emblème. Ces pages sont précédées d’une amorce écrite de manière lisible et qui guide le lecteur du futur pour coder le logiciel de restitution, un programme informatique simple, dans le langage informatique du moment. La seule condition pour l’utilisateur du futur est d’être équipé d’un système informatique, ainsi que d’un équipement de numérisation d’images (scanner).

Outre la densité élevée de l’impression, ce dispositif comprend un module de compression et de décompression de données. Ce mode de stockage utilise ainsi beaucoup moins de pages qu’une impression classique de base de données.

Deux tests sur les données de 4 000 colis

Exemple d'emblème

Pour mettre cette solution à l’épreuve de ses bases de données, l’Andra a procédé à deux tests sur les données de colis de déchets radioactifs du Centre de stockage de la Manche (CSM).

Le premier test, réalisé en 2020, a consisté à reconstituer les données de 4 000 colis qu’Eupalia avait transcrites au préalable dans des emblèmes (3 pages). Pour cela, l’Agence a fait appel à un jeune alternant en informatique : « Nous voulions le mettre dans la position d’un habitant du futur, ignorant tout des activités de l’Andra. Nous lui avons confié la mission de déchiffrer les informations contenues dans les emblèmes, sans aucun indice sur leur contenu, comme dans un jeu de piste », précise Claire Fernandez, qui a piloté le projet au sein du service informatique de l’Andra. En partant de l’algorithme décrit dans l’amorce, l’étudiant est parvenu en quelques jours à restituer l’ensemble des données des colis contenues dans les emblèmes.

Le deuxième test, de plus grande ampleur, a eu lieu en juillet dernier. Jean-Noël Dumont, responsable du programme Mémoire a cette fois-ci transcrit lui-même en emblèmes les données radiologiques et chimiques de l’ensemble de la base de données de colis du CSM, soit 1,5 million de colis, en utilisant le logiciel de transcription développé par Eupalia. Ces données ont ensuite été décodées en scannant les emblèmes avec un programme similaire à celui développé par l’alternant lors du premier test. Quelques améliorations avaient été apportées au programme de restitution, de façon à rendre son interface plus conviviale, rendant les messages émis au cours des opérations de décodage plus rapides à comprendre. 

Enrichir le programme Mémoire de l’Andra

À la suite de ces résultats plutôt encourageants, l’Andra prévoit de poursuivre les investigations sur cette piste et ainsi fournir un maximum d’atouts aux générations futures pour retranscrire nos données numériques. 

Micr’Olonys pourrait ainsi représenter une avancée supplémentaire pour le programme Mémoire et s’inscrire aux côtés d’autres dispositifs déployés pour préserver et transmettre la mémoire des centres de stockage, comme par exemple le travail archivistique.

 

 

4 piliers pour le programme Mémoire

Pour explorer toutes les pistes et imaginer, non pas un, mais plusieurs dispositifs de conservation et de transmission de la mémoire, l’Andra a mis en place un vaste programme d’études et de travaux, appelé « programme Mémoire des stockages de déchets radioactifs pour les générations futures ». Il s’appuie sur quatre piliers : la documentation réglementaire et les archives, les interactions sociétales, les études et recherches, et la collaboration internationale.

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